L’entretien du lundi : Grégory Cojean

Il a une double casquette, il vit et respire « H » au quotidien. A la fois directeur du centre de formation et adjoint de Thierry Anti, Grégory Cojean incarne par essence l’esprit du club. Entretien, avec un entraineur au sang violet.

Grégory, cette semaine est bien évidemment marquée par les premiers pas de Nicolas Tournat en Equipe de France A, une grande première pour un joueur formé au « H »…
« Pour moi, c’est extrêmement important et pour être honnête, cela m’a beaucoup touché. J’ai été recruté en 2005 pour construire le centre de formation, qu’on a structuré au fil des années. Après avoir fait signer plusieurs contrats professionnels à nos jeunes issus du centre, je me suis demandé, il y a 6 ans maintenant, quel était alors notre nouvel objectif. Je me suis alors fixé un cap avec le club : amener un joueur en Equipe de France A. Alors, voir cela se matérialiser avec la convocation de Nico m’a vraiment ému, car je sais d’où l’on vient, ce que l’on a réussi à bâtir à Nantes. C’est une récompense pour le travail accompli, une vraie fierté pour le club. En voulant à chaque fois repousser les limites, on peut atteindre le top niveau, et c’est vraiment gratifiant. On sentait que ça allait arriver pour Nicolas, qui a toutes les qualités pour réussir. C’est un évènement qui compte vraiment à mes yeux. »

PAPIER

Après 2 mois de compétition en D1, comment juges-tu le début de saison du « H » ?
« On a alterné le bon et le moins bon. On n’a pas effectué une préparation optimale, à cause de certaines absences comme Florian Delecroix ou Nicolas Tournat, ou encore des blessures, à l’image de Rodrigo Salinas. Il a également fallu un temps d’adaptation à nos recrues, qui découvraient un nouveau championnat, une nouvelle culture aussi pour certains. L’amalgame dans le jeu a donc eu un peu de mal à se faire. Au fil des semaines, on a commencé à retrouver une certaine homogénéité, des repères collectifs. La victoire à Chartes (29-27), même si tout n’était pas bon ce soir-là, a permis à tout le groupe d’avoir un déclic mental, et on a réussi à enchainer dans la foulée face à Tremblay (32-26). La performance du week-end face à Chambéry (33-23), vient ponctuer cette montée en puissance, on a livré notre meilleure prestation depuis le début de saison. Il faut tout de même relativiser ce résultat, car on a joué un match où tout a fonctionné samedi. »

Quels sont les axes d’amélioration, en vue de continuer à performer dans ce championnat ?
« Il faut du temps et de l’expérience commune pour bien gérer les moments de forte pression – comme une fin de rencontre à l’extérieur – ou les temps faibles dans un match. On se rattache souvent à ce qu’a vécu un groupe pour bien s’en sortir. Il nous manque aujourd’hui une vraie stabilité collective pour appréhender les matches avec sérénité, mais cela va venir. Par exemple, le tandem Mahmoud Gharbi-Rock Feliho a bien fonctionné sur les derniers matches, et nous a notamment permis de l’emporter. »

ACTU

On attaque une semaine de trêve internationale. En profitez-vous avec Thierry pour mettre davantage l’accent sur du travail individualisé ?
« On va d’abord travailler physiquement, et puis effectivement on va se concentrer sur des séances purement techniques. On va adapter les exercices selon les profils, avec par exemple des relations de jeu à deux ou à trois. Ce sont des entrainements ludiques et bénéfiques, car nous n’avons pas toujours le temps de les faire avec l’enchaînement des matches au cours de la saison. »