L’entretien du lundi : Alan Albert

Il a porté les couleurs du « H » en N2 au poste d’arrière, avant de participer à l’accession du club en D1 quelques années plus tard. Depuis, Nantes est devenue une place incontournable du hand à la française, et Alan Albert œuvre toujours dans son club de cœur. Entretien avec le préparateur physique du groupe pro, à quelques jours de la reprise !

Alan, les pros ont repris le chemin des parquets depuis un mois maintenant. Comment s’est articulé ce mois de préparation ?
« On a mis en place avec le staff une bonne dose de travail physique sur les deux premières semaines. Les joueurs ont très vite été confrontés à des efforts intenses. On ne voulait pas forcément axer le travail sur du foncier, alors on a rapidement plongé dans le bain avec des répétitions d’exercices purement athlétiques. Dans la foulée, les deux semaines suivantes se sont concentrées sur de la musculation, mais aussi pas mal de jeu et donc de handball, pour faire monter en régime le groupe collectivement, tout en prenant du plaisir sur le terrain. »

Au quotidien, comment vous répartissez-vous la tâche avec le coach Thierry Anti ?
« On a d’abord fait le point sur la première partie du championnat, pour analyser ce qui n’avait pas forcément fonctionné. Notre préparation au mois d’août n’a pas été optimale et cela s’est parfois ressenti dans la première phase. Sur la durée, les joueurs ont bien tenu la cadence mais il leur a parfois manqué d’explosivité, de jus, dans des moments clés. On a eu un échange là-dessus avec le staff, et il a été décidé de mettre l’accent sur ces points précis. Quant à la répartition des rôles elle est transparente : Thierry Anti construit et décide de la planification des séances, et ensuite j’adapte le contenu dans le cadre défini. »

PAPIER

En quoi cette période peut-elle être charnière en vue de la deuxième partie de saison ?
« On a un peu plus de quatre semaines pour préparer le groupe, cela peut paraitre large mais ce n’est en fait pas si énorme que cela. Au regard du calendrier ultra-dense qui se profile, il va falloir répondre présents tous les trois jours, et tout se construit dès à présent. Les joueurs ont eu besoin de souffler à la mi-saison, et on a retrouvé un effectif très concerné et motivé pour attaquer tous ces challenges à venir. »

Mets-tu en place des séances dites « à la carte », en fonction des profils des joueurs ?
« Je travaille davantage sur des cycles généraux, et j’essaie de développer des qualités différentes d’une semaine sur l’autre. En fait, l’individualisation se fait dans l’échange avec le joueur, et on propose des alternatives selon les profils. Je dirais donc que l’on s’appuie sur du global et on adapte sur-mesure. Je ne vais pas forcément demander à tous les joueurs de soulever les mêmes charges en salle de musculation. Il faut savoir communiquer avec le joueur pour répondre à ses besoins. »

Après quatre semaines d’efforts, sens-tu que le groupe est monté en puissance physiquement ?
« Oui, très clairement. Je sens tout le monde prêt mentalement et physiquement à jouer sur quatre tableaux (D1, Coupe de France, Coupe de la Ligue, EHF Cup). On a travaillé avec un groupe diminué en raison des compétitions internationales, mais le travail a porté ses fruits. En plus de la puissance, les joueurs ont pu se tester lors de matchs amicaux, notamment lors du Tournoi de Grenoble récemment (remporté la semaine dernière par le « H »). Reprendre le rythme de la compétition est essentiel, car rien ne remplace l’effort du jeu. C’est la base de tout. Rien de tel que l’adversité pour donner le bon tempo. »

Tu as bien connu les parquets en tant que joueur, alors avec un peu de recul vois-tu une nette évolution en termes de puissance athlétique dans le handball moderne ?
« A l’époque où j’évoluais sous le maillot nantais, le club découvrait le professionnalisme, beaucoup avaient une autre activité en dehors des terrains. Aujourd’hui c’est différent : les joueurs sont focalisés à 100% sur le hand, et élargissent leur manière de voir notre sport. Ils pensent à la nutrition, à l’hygiène de vie à adopter, il y a une vraie prise de conscience. Les morphologies aussi changent : les joueurs sont plus grands, mais surtout plus puissants, ce sont de vrais athlètes de haut niveau. »

Pour finir, question bonus ! Qui soulève le plus en termes de poids en salle de musculation ?
« C’est une vraie compétition là aussi ! Le trio Tournat –Feliho –Nyateu est particulièrement performant pour être honnête. En développé-couché, ça peut monter très haut… Je pense également à Nico Claire, qui est lui aussi un vrai client sur les exercices avec les jambes. »

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